• gilles guillon

Amandine de Saint-Aymont vue par Lucienne Cluytens

Mis à jour : avr. 29

PORTRAITS D’AUTEURS

Un écrivain dresse le portrait d’un personnage récurrent né de son imagination.


Amandine de Saint-Aymont, jeune femme dynamique issue de la bonne bourgeoisie amiénoise, est l’héroïne de deux romans de Lucienne Cluytens : Amandine et les Brigades du Tigre et Amandine à la cour du Tsar. Sur la côte picarde au début du XXe siècle, elle vit des aventures trépidantes.


Amandine est la fille de Pierre de Saint-Aymont, noble désargenté passionné de mécanique qui s’est laissé épouser par Antoinette Bruhaut, l’héritière d’une chocolaterie réputée d’Amiens. En 1889, Antoinette lui donne une fille, dont elle espère faire une jeune femme accomplie. Après un passage choquant chez des bonnes sœurs trop « câlines », la jeune Amandine est retirée de l’institution religieuse et son père se consacre à son éducation. Elle adore Le Crotoy et sillonne la région à bicyclette.

Elle partage avec son père un certain goût pour les aventures policières de Conan Doyle et Gaston Leroux. Son héros préféré reste néanmoins Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur créé par Maurice Leblanc.

L’été ils vivent au Crotoy dans la villa familiale. Depuis que le célèbre parfumeur Pierre Guerlain, natif d’Abbeville, y a ouvert un hôtel en 1860, de nombreux Parisiens fortunés l’ont suivi pendant les périodes estivales et Le Crotoy est devenu une station balnéaire à la mode. Jules Verne y séjourna dans la villa « la Solitude » située en face d’un chantier de construction navale. Au cours de ses séjours, entre 1865 et 1870, il y écrivit entre autres 20 000 lieues sous les mers.

De nombreux peintres ont séjourné dans le petit village de pêcheurs, inspirés par la lumière et les paysages de la côte picarde. Toulouse-Lautrec, Alfred Manessier, Georges Seurat et Alfred Sisley ont été conquis par la baie de Somme.

Pour Amandine, ces séjours balnéaires sont autant d’occasions de découvrir un monde en mutation et d’échapper au carcan maternel. Jeune fille dotée d’un physique agréable, elle a les yeux bleu pâle et une chevelure blonde épaisse, qu’elle coiffe le plus souvent en catogan. On la trouve jolie. Agée d’une vingtaine d’années, de taille moyenne, mince, elle est étonnamment musclée pour une jeune fille de sa condition sociale, rompue aux exercices physiques malgré les toilettes incommodes que sa mère s’obstine à lui faire porter.

Éduquée par son père, elle s’intéresse aux sciences, à l’astronomie, aux mathématiques et à la mécanique. C’est ainsi qu’elle assiste au premier vol du biplan des frères Caudron avec qui son père travaille souvent. Elle maudit souvent sa condition de fille de milieu aisé vouée aux tâches ménagères et à la frivolité. Elle rêve de vivre des aventures comme ses héros Arsène Lupin, Rouletabille ou Sherlock Holmes.

Pendant les vacances, elle noue des relations avec les enfants des pêcheurs mais aussi avec la jeunesse dorée en villégiature.

C’est ainsi qu’en 1909 elle fait la connaissance de Colette, une écrivaine parisienne sulfureuse dont elle adore les livres et qui vient depuis six ans avec son amie Missy goûter aux joies de la plage et aux activités mondaines.

Cette année-là, elle se découvre un talent d’enquêtrice lorsque suite à un vol de bijoux une première employée de maison puis une seconde sont assassinées. Elle rencontre Raoul un jeune policier des brigades du Tigre, nouvellement créées par Clémenceau pour moderniser la police. Une complicité finit par se nouer entre les deux jeunes gens, complicité qui les mène ensemble à Londres sur les traces de l’assassin, plus précisément à Scotland Yard dont les nouvelles méthodes policières commencent à attirer l’attention de toutes les polices européennes. Lorsqu’au péril de sa vie, elle aidera à l’arrestation du coupable, elle se jure de recommencer une aventure aussi palpitante qui la sort de l’ennui routinier de sa vie.

C’est ainsi que deux ans plus tard, elle part à nouveau sur les traces d’un criminel, cette fois-ci à Berck-plage. Quelqu’un qu’elle pense être Raspoutine est retrouvé noyé sur la plage. Pour les besoins de son enquête, elle manigance pour être reçue par la communauté des nobles russes venus se faire soigner dans l’hôpital du professeur Calot, si célèbre qu’il avait été demandé en Russie pour une consultation suite aux problèmes de santé du tsarévitch. Elle rencontre la princesse Nicolas de Grèce, Helena, fille du tsar. De fil en aiguille, Amandine part à Saint-Petersbourg continuer son enquête jusqu’à la cour du tsar Nicolas II. Elle voyage dans le luxueux Nord-express. Dans la ville impériale, elle loge chez la cousine de la princesse Helena, la Grande-duchesse Victoria Vladimirovitch sous le prétexte d’y présenter ses chocolats.

Son enquête lui fait croiser la route de révolutionnaires russes dont les ramifications s’étendent jusqu’à Paris et l’amènent à frôler la mort. Elle rentre alors à Amiens pour collaborer une fois de plus avec les brigades du Tigre aux côtés de son amant dans l’arrestation du meurtrier.

Grâce à ses enquêtes, Amandine de jeune fille rangée sans histoire est passée dans la catégorie de ces nouvelles femmes émancipées et scandaleuses qui, à la Belle Epoque, prennent leur vie en main.

Lucienne Cluytens

Gilles

Guillon

petit éditeur nordiste
régional et régionaliste (et fier de l'être)
BP 11 287 - 59014 Lille Cedex
Tél. 06.80.40.93.90
gilles.guillon4@orange.fr

© 2020 by Gilles Guillon himself avec ses petites mains. 

Proudly created with Wix.com

  • Black Facebook Icon
  • Black Instagram Icon
  • Black Twitter Icon
  • LinkedIn Social Icône